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Rage Against The Machine de retour à Rock en Seine !

Le 10 Fév

Enfin ! Oui, enfin, ils sont de retour, et seront à l’affiche de Rock en Seine, édition 2020, douze années après leur dernier passage en France… Déjà ici-même, au coeur du domaine de Saint-Cloud. Rage Against The Machine, puisqu’il s’agit d’eux ! Tout simplement l’un des groupes les plus importants de sa génération, et même de la suivante. Musicalement, mais pas uniquement. 

 

“Je ne m’intéresse pas plus que cela à Black Sabbath, et je pense que Tom ne s’intéresse pas vraiment aux refrains hip hop que je peux lui faire écouter. Mais quand nous mélangeons tout cela, alors il se produit quelque chose d’unique”. Ainsi parle le hurleur en chef, frontman possédé de Rage Against The Machine, Zack de la Rocha. Tom, c’est Tom Morello, guitariste de génie. Accompagnés d’une section rythmique aux allures de bulldozer, Tim Commerford et Brad Wilk, ils prennent alors une forme finale au nom évocateur, rageur. Rage Against The Machine. La machine représentant l’establishment, le pouvoir, le système donc, et globalement, ce monde qui ne tourne pas rond, empli d’injustices et d’inégalités. Le propos est clair. Le son, lui, dévastateur.

 

Nous sommes au début des années 90, et une bien étrange génération commence à faire entendre sa voix. On l’appellera la Génération X, à la suite de l’auteur Douglas Copeland et de son livre du même nom, mais pour l’heure, on (les vieux, les parents) pense avoir affaire à une poignée de gamins aux jeans sales, troués, au regard vide, à la haine grandissante. On dit cette jeunesse cynique. Perdue en somme. Kurt Cobain chante la haine de soi, le mal-être. Nevermind devient la bande son d’un campus à l’échelle mondiale, où les nerds deviennent des héros. Sans but évident, si ce n’est celui d’arriver au bout de la journée et d’avoir la force d’attaquer la suivante. Quand soudain… Soudain, 1992. Le 2 novembre, précisément.

 

Killing In The Name, premier single de Rage Against The Machine, annonce la couleur. Il y a ce riff, trouvé par Morello alors qu’il donnait un cour de guitare. Il y a cette déflagration, évidente. Il y a ensuite cette tension, grandissante, ces Fuck You en guise de manifeste. Single modérément diffusé en radios chez eux (pour cause de gros mots, tout simplement), il deviendra pourtant, très vite, leur signature, et un carton partout ailleurs. Les Etats-Unis mettront un peu plus de temps que les autres à accepter parmi eux ces quatre jeunes gens en colère, désireux de tout renverser, et qui ne s’en cachent pas. Car le groupe de Los Angeles ne masque guère ses ambitions : il ne souhaite pas contempler son malheur, chanter sa mélancolie ou son inadaptabilité. Non, RATM souhaite, bien au contraire, attaquer de front celles et ceux qui en sont responsable. Quelques semaines après la sortie du premier single, débarque l’album, qui restera dans le Top 200 du magazine Billboard pendant 89 semaines. Sur la pochette : une photo de Thích Quảng Đức, un moine bouddhiste vietnamien, s’immolant par le feu dans la ville de Saigon en 1963, pour protester contre l’oppression des bouddhistes menée par l’administration du premier ministre Ngô Đình Diệm. Six mois après les émeutes de Los Angeles, le ton est donné. L’album, lui, cite autant Led Zeppelin, Public Enemy, que The Clash et Gil Scott-Heron. Certains parleront de fusion, mélange de rap et de rock. Mais RATM sera avant tout RATM.

 

En 1996 paraît leur deuxième album, Evil Empire, titre faisant allusion à une expression employée par le président Ronald Reagan pour qualifier le bloc de l’Est. Leur troisième album, Battle Of Los Angeles (référence aux émeutes de 1992), sortira en novembre 1999. Durant la préparation de ce dernier, Zack De La Rocha annoncera quitter le groupe. L’année suivante paraît Renegades, album de reprises et disque de platine pour les ventes aux États-Unis, et c’est déjà terminé. Rage Against The Machine n’aura vécu que quelques années, même pas dix. Vivre vite, mourir jeune… Mais jamais ils n’auront sacrifié sur l’autel du succès une once de morale. Leur carrière est réfléchie. Leur volonté est simple : renverser un ordre établi, non dans une démarche nihiliste, mais de renouveau. Et surtout, rester maître à bord. Ainsi, lors de l’enregistrement de leur premier album, le groupe n’enregistra que dix titres, ceux que l’on peut entendre sur le disque, et pas un seul de plus, évitant ainsi, malins, les rééditions à l’infini promettant raretés et faces B. Quant au monde qui les entoure, indéniablement, il est un petit peu moins laid grâce à eux.

 

Car jamais Rage ne se contenta de cracher sa colère. Exemple, avec la promesse Bombtrack : Landlords and power whores (Propriétaire et racoleurs au pouvoir) On my people they took turns (A mon peuple ils s’en prennent tour à tour) Dispute the suits I ignite (Contestent les procès auxquels je met le feu) And then watch ’em burn (Puis les regardent brûler). Le quatuor allait sur le terrain, allumer ce feu. En 2000, la bourse de Wall Street dut fermer, pour la première fois depuis des décennies, à cause d’un concert improvisé. Le 13 décembre 1997, Tom Morello est arrêté pour avoir bloqué l’accès à certains magasins, en signe de protestation contre la marque de jeans Guess, à la suite des plaintes régulières des employés, qui se disaient, entre autres, exploités par l’entreprise textile. Plus légèrement, mais tout autant empêcheurs de tourner en rond, le groupe, en 2009, devint numéro 1 des charts anglais pour Noël, avec le titre Killing In The Name. Depuis cinq années, cette place été occupée par un artiste issu de l’émission X Factor.

Il y aura, après la séparation, Audioslave. Puis, une première reformation, il y a douze ans, et déjà, un passage par le festival Rock en Seine. Un concert démentiel. Une aura intact. En 2020, Rage Against The Machine a plus que jamais des choses à dire, des concerts à donner, des foules à remuer, et un festival parisien à visiter. Rock en Seine 2020 est fier d’accueillir de nouveau Rage Against The Machine. L’un des groupes les plus importants de l’histoire du rock.