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Le mag'

Belako : "La tristesse est un moteur bien moins puissant que la rage"

Belako : "La tristesse est un moteur bien moins puissant que la rage"

16 Sep 2018

Fiers de leur communauté, ces deux filles (Lander et Cris) et ces deux garçons (les frères Josu et Lore) viennent du Pays basque espagnol, plus précisément de Mungia, près de Bilbao.

L’un des quartiers de cette petite ville s’appelle Belako et c’est ce nom qu’ils ont choisi pour leur aventure musicale, démarrée en 2011. Ils écrivent la plupart de leurs chansons en anglais, pour une portée plus universelle, mais font parfois quelques incursions en langue basque pour rappeler leurs origines.

Ce quatuor a déjà sorti plusieurs albums dans son pays. Le dernier en date, Render Me Numb, Trivial Violence, sorti début 2018, continue d’explorer le post-punk en y appliquant des sonorités electro ou comme sur le single imparable Lung, ou même la pop tropicale sur la chanson enivrante Strangers In a Box.

Cris Lizarraga est chanteuse et claviériste au sein du groupe. Elle compose également. Oh!, et cerise sur le gâteau, elle parle un français absolument parfait.

C’est assez fou ce qu’il se passe autour de vous en ce moment, non ?

Cris Lizarraga : “Nous, on a commencé le groupe il y a sept ans, donc on a le sentiment de grossir progressivement. On tourne en Espagne, en Europe, au Mexique, au Japon l’année dernière… C’est dingue quand on y pense. On vit beaucoup de contrastes, et on ne cesse d’apprendre. On perd un peu nos repères par endroits, mais avec le temps, on apprend aussi à se gérer un peu mieux”.

Et la tournée se passe bien ?

Cris Lizarraga : “On peut ressentir qu’une chanson est accomplie, mais quelques temps après, par exemple en live, on ne se prive pas de le changer. Nos chansons sont une matière organique qui change en permanence. Une tournée, parfois, c’est épuisant, mais chaque concert est différent, d’ailleurs on ne joue jamais la même setlist deux soirs de suite !”.

On a le sentiment que chaque membre du groupe contribue à part absolument égale. Comment écrivez-vous ?

Cris Lizarraga : “Pour les chansons, pas de règle, même si en général Josu le guitariste va créer des mélodies au piano ou à la guitare, avant que je n’intervienne avec la mélodie et les textes. Mais on essaye de plus en plus de ne pas faire de choses trop évidentes, de réfléchir à des concepts. Pour les textes, ils flottent dans l’air en fait. J’ai juste besoin d’être au calme pour les attraper au vol. Ils peuvent venir quand je regarde un film, tout simplement… Mais nos derniers titres sont riches en critiques sociales aussi, inspirées par les informations, le monde qui nous entoure. On a une parole qui porte, on associe la musique et l’engagement à un certain style, mais je trouve que ce n’est plus tellement le cas, chaque groupe, quelque soit le style, porte désormais des messages”.

Cris Lizarraga : “Les émotions intenses sont cathartiques et aident à l’inspiration, donc en temps que musicien, on peut vivre plus intensément les relations, les déceptions, etc… Mais je n’ai pas besoin d’être triste pour écrire une chanson triste. D’ailleurs, en ce qui me concerne, la tristesse est un moteur bien moins puissant que la rage”.

Propos recueillis par Nico Prat