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Le mag'

Channel Tres : “Les gangs brisent des familles”

Channel Tres : “Les gangs brisent des familles”

23 Sep 2022

Il faut le voir sur scène pour comprendre que Channel Tres est très loin de ce que l’on croit connaître des rappeurs de Compton. Lunettes de soleil vissées sur le nez et chorégraphies millimétrées, c’est devant un public qui scande les paroles qu’il nous propose un savant mélange de hip-hop et de house. Channel Tres, qui a décidé de ne pas se cantonner à un genre, nous rappelle, s’il en était besoin, que la bonne musique n’a aucune limite.

Ça fait quatre ans que tu as sorti « Controller », le titre qui t’a fait connaître. Comment ta musique a évolué ?

J’ai toujours douté d’avoir une carrière musicale mais durant ces dernières années, tellement de portes m’ont été ouvertes. En fait, des gens qui n’étaient pas de ma famille ont commencé à écouter ma musique et à l’aimer. Et ce n’est pas juste aux Etats-Unis mais dans le monde entier. C’est un énorme changement !

Enfin, quand on commence la musique à cinq ans, on s’attend peut-être à ce que le succès finisse par arriver…

C’est vrai que je me suis toujours senti limité par la ville d’où je viens donc je ne me disais pas que j’allais être un artiste mais plutôt un producteur. Et puis quand j’ai été DJ et que je jouais avec des gens, je me suis dit qu’en fait, moi aussi je pouvais être un artiste ! Alors je me suis dit que j’allais être un DJ local, puis national… En fait, mon but a évolué en même temps que l’amour des gens. C’est sûrement pas ouf d’avoir une ambition qui fluctue !

Tu aimais produire pour les gens ?

J’ai toujours aimé ça et d’ailleurs, j’ai fait des études pour ça donc même si je suis aujourd’hui un artiste plus complet, ce sera toujours une partie importante de ma vie.

Tu viens de Compton qui est une ville connue pour le gangsta rap, tu as ressenti une pression pour rentrer dans ce moule ?

Non parce que je ne viens pas d’un milieu de gangsters, je n’ai pas non plus fait partie d’un gang. Un truc que j’ai appris en grandissant à Compton, c’est que tu ne peux pas mentir à propos de ça parce que c’est une réalité pour beaucoup de gens. Ça touche des gens, ça brise des familles… Je n’ai pas envie de jouer avec ça. Si j’avais grandi dans ce contexte, j’aurais fait du gangsta rap, mais ce n’est pas le cas.

D’ailleurs, t’as plus l’air d’un cool kid que d’un gangster…

Je me sens cool sur scène, parfois, mais si j’y pense et que j’essaie d’être plus cool que je ne le suis, ma coolitude s’envole ! Blague à part, j’essaie d’être moi et, comme je viens de te le dire, je ne prétends pas être quelqu’un d’autre dans ma musique.

Tu as fait Coachella… C’était comment ?

J’étais sobre depuis deux mois quand j’ai fait Coachella, donc j’ai vraiment vécu l’expérience à fond. C’était une grosse expérience pour moi, particulièrement parce que je viens de Californie. Je ne sais pas quoi te dire : c’était cool ! Maintenant je me concentre sur la suite, un jour après l’autre. J’ai des projets d’albums, des projets dans le monde de la mode et aussi des envies de collaboration. Je profite de ce moment dans ma vie car je suis très heureux. J’aime la version actuelle de moi-même et j’ai hâte de voir comment je vais évoluer dans ma vie et dans ma carrière. Je suis toujours sobre.

Photo Olivier Hoffschir

Propos recueillis par Sarah Koskievic