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Le mag'

GIRLS IN THE BAND

GIRLS IN THE BAND

03 Juil 2017

En partenariat avec
Cheek Magazine

ADE, LA VOIX ET LES PAROLES DE THERAPIE TAXI

On a interviewé les filles (et les mecs) de groupes mixtes programmés à Rock en Seine, pour savoir si et comment le sexisme est présent dans la musique. Cette semaine, Therapie Taxi.

© Panenka Music

Thérapie Taxi, c’est d’abord Adélaïde, 22 ans et Raphaël, 23 ans, sous le nom de Milky Way. En 2014, Adélaïde, qui se fait appeler Adé, lance une annonce sur un site spécialisé. Elle rencontre alors Raphaël -dites Raph-, qui chante déjà, et ils se lancent, composant des morceaux plutôt folk. Deux ans plus tard, ils sont rejoints par Félix et Renaud, s’orientent vers des sonorités résolument pop, changent de nom et deviennent Thérapie Taxi. Pourquoi ce nom? Du second degré, comme leurs paroles, explique Adé. C’est pour évoquer “ce moment où, en sortant de soirée, tu t’affales dans un taxi pour lui raconter ta vie, continue-t-elle. Ou bien qu’il te raconte la sienne. Et tu n’en piges que la moitié parce que tu es complètement bourré!”. (Rires.) Leur noms à eux, en revanche, on ne saura pas. Ce que l’on sait cependant, c’est qu’ils vivent les mêmes choses que tous les jeunes de leur âge. C’est même de cela qu’ils s’inspirent pour leurs morceaux: des soirées où l’on boit (trop) dans Coma idyllique, des phrases que l’on rêve parfois de balancer à la tronche de nos exs avec Salop(e), des délires invraisemblables comme celui de Jean-Paul, dont le clip vient d’être publié.

En mars, le groupe a sorti son premier EP. Il travaille désormais sur son premier album, qui devrait sortir “début 2018”, estime Fred. En attendant, ils seront à Rock en Seine le 27 août. L’occasion de leur tendre le micro pour notre interview Girl in the band, où l’on rencontre des femmes qui évoluent entourées d’hommes dans le monde de la musique, pour tenter de répondre à cette question: être une femme dans un groupe d’hommes expose-t-il forcément au sexisme?

La fois où on a voulu apprendre à Adé à chanter?

Adé: Ça ne m’est jamais arrivé. C’était plutôt moi qui me mettais des barrières: quand j’ai contacté Raph, je m’orientais plutôt vers les choeurs, pas vers le rôle de chanteuse.Je n’osais pas trop au début. Mais on a tenté, et ça a bien marché. 

Félix: Tu étais jeune aussi, quand tu as commencé. Tu avais à peine 18 ans. 

Adé: C’est vrai. Et puis j’ai réfléchi, j’ai fait écouter autour de moi, j’ai testé l’écriture. Ça m’a plu.

Raph: Pour Therapie Taxi, c’était devenu complètement naturel. On écrit tous les deux des morceaux.

Adé: Oui, Jean-Paul et Adena, par exemple, c’est moi. C’est très facile de se mettre des barrières toute seule. Mais à force de réflexion, de discussion, tu peux les dépasser. À l’écoute des premiers enregistrements, mes proches me disaient que ça fonctionnait bien. Et de fil en aiguille, j’ai pris la place que j’ai.

La fois où on a pris Adé pour une groupie?

Félix: En général, on se balade plutôt en groupe.

Adé: De toute façon, c’est pas trop mon style de me mettre en avant. Quand on rencontre d’autres groupes de musique, c’est plutôt Raph qui fonce pour dire bonjour à tout le monde. Je suis un peu moins sociable, j’aurais plutôt tendance à être la dernière à le faire.

Le truc qu’Adé est la seule à maîtriser dans le groupe?

Félix (Ndlr: après un silence): Les fringues! Quand on a un shooting, ou quand on est sur scène, c’est elle qui nous donne des indications.

Adé: Ah oui, c’est moi qui les habille. Surtout Raph, mais il y a des progrès de ce côté-là. (Rires.)

Félix: Il y a l’harmonica aussi, elle est la seule à savoir en jouer. Et évidemment, la guitare à la main gauche. Ça complique un peu les choses parce que, lorsqu’on répète et que l’on veut lui montrer une mélodie, on ne peut pas directement lui passer notre instrument. Elle a besoin de sa propre guitare parce qu’elle est gauchère.

Le plus girly des mecs?

Adé: Renaud se définit comme femme. 

Renaud (Ndlr: qui vient de débarquer): Disons que lorsque je vois des mecs, je me dis que je ne ressemble pas à ces gens-là. Mais quand je vois des nanas, pas forcément non plus cela dit!

Lisez la suite et la fin de l’interview sur Cheek Magazine (n’est plus disponible)