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Les festivals de musique rendent-ils heureux?

Les festivals de musique rendent-ils heureux?

17 Août 2016

Une étude australienne révèle qu’aller à un festival de musique (ou plus précisément « écouter de la musique et danser en compagnie d’autres individus dans le cadre d’évènements musicaux ») rend heureux.

Souhaitant comme toujours aller au bout des choses, recherchant constamment la vérité et ne prenant jamais rien comme acquis, nous avons tout naturellement fait appel à notre psychologue-sociologue attitré le Professeur Abronzius (de l’Université de Königsberg) afin de savoir si, réellement et objectivement, les festivals, et notamment Rock en Seine, rendent heureux.

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Bonjour Professeur. Une étude révèle que les festivals de musique rendent heureux. L’avez-vous lue?


« Bien sûr – cette étude s’inspire d’ailleurs diantrement de mes propres travaux de recherche effectués il y a quelques années, lorsque j’observai les comportements lors du bal musette de Koenigsberg où se produit traditionnellement la fanfare locale, les « Tracteurs and the bottes de foin  ». Dans mon rapport, je mettais en avant le caractère euphorique soudain de la population Koenigsbourgeoise – habituellement très calme – et tirais les conclusions suivantes : le regroupement des gens lors de manifestations musicales et festives permet à quiconque de sortir de son « moi » et de réveiller son « sur moi » grâce à un sentiment d’appartenance à une communauté et à un éveil des sens. Cette euphorie peut se prolonger (ou pas) bien après la manifestation, tant le niveau de sérotonine augmente ».



Vous êtes-donc d’accord : les festivals rendent heureux ?


« Oui, plus ou moins – cela dépend bien évidemment du festival mais aussi du festivalier. Prenons le cas de Rock en Seine : tous les ingrédients sont réunis pour produire une poussée de sérotonine : un cadre idéal, une programmation on ne peut plus alléchante, un programme pour les enfants… Néanmoins, c’est au festivalier lui-même de permettre à ces éléments extérieurs d’envahir son être afin qu’ils aient sur lui un effet euphorisant. Je vais vous donner un exemple personnel : lorsqu’Yvette Horner se produisit en 62 à Koenigsberg, mon cousin Gontran Zistor qui m’accompagnait passa la moitié du temps à faire des mots croisés. Résultat des courses, il ne passa pas un très bon moment et ne fut pas imprégné de l’ambiance folle qui régnait dans la salle ».

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La clé du bonheur à un festival est donc de profiter du moment présent ?


« Tout à fait – de bien s’entourer, d’ouvrir ses chakras (le Professeur a fait un stage d’Ashram Yoga en 72- ndlr), d’avoir tous ses sens en éveil et de vivre chaque instant comme si c’était le dernier ».

Mais si être heureux est si facile, est-ce le déclin de la profession de psychologue ?


« Ne vous inquiétez pas pour nous autres les psychologues. Si les festivals de musique rendent heureux les festivaliers, ces derniers ont parfois du mal à gérer l’après. J’ai d’ailleurs souvent un pic d’activité la première semaine de septembre. Il s’agit alors d’aider les clients à surmonter le sentiment mélancolique qui suit un tel événement. Je leur suggère alors d’imaginer qu’au lieu d’être allé à Rock en Seine, ils étaient allés voir Mariah Carey à Las Vegas. Leur réaction est unanime : ils seraient heureux que ce soit fini, mais n’auraient pas apprécié le moment présent. Ainsi, mes clients comprennent qu’être triste est normal quand on passe un moment exceptionnel, et de ce fait, sont heureux d’être tristes. Oui, l’homme est un être complexe… »

Fred Porte