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Lucy Blue : “Ecrire des paroles est mon premier amour”

Lucy Blue : “Écrire des paroles est mon premier amour”

28 Oct 2022

En quelques titres à peine, dégageant une grâce et un style, la jeune chanteuse et compositrice Lucy Blue a créé un univers, entre simplicité des mélodies et création visuelle. Une musique et un imaginaire sous multiples influences, issues de plusieurs arts et qu’elle évoque avec nous…

Quelles chansons vous ont donné envie de faire de la musique ?

Wow ! Ma première introduction à la chanson a été Van Morrison. Il est mon auteur-compositeur préféré. J’ai écouté son album Astral Leaks quand j’étais encore enfant. Je ne comprenais pas forcément tout ce que j’entendais mais la musique et les paroles étaient tellement belles. Mais je peux aussi citer Joni Mitchell ou Bob Dylan. Ces auteurs m’ont donné envie d’écrire des chansons. Et quand j’ai découvert Blondie, j’ai eu envie d’être chanteuse, leadeuse d’un groupe ! (rires)

Frank Ocean fait aussi partie de vos influences majeures, n’est-ce pas ?

Je l’adore ! Il est probablement mon artiste préféré actuel. Il est cool et a tellement de goût. Je suis fan de tout ce qu’il fait. Je me suis mise à la production il y a quelques années après l’avoir écouté justement. Il m’a inspiré pour aller dans cette direction.

P.J. Harvey

Elle est une des mes préférées ! Tellement cool elle aussi. PJ Harvey et Debbie Harry sont clairement mes chanteuses préférées. Cet album en particulier, Stories from the City, Stories from the Sea, est génial. Le style de PJ, ses habits, j’adore tout.

Gwen Stefani

J’adorais la voir être leadeuse d’un groupe. Elle a ce caractère de boss qui m’inspire beaucoup. Elle est géniale aussi en solo mais je me rappelle que je regardais non stop des clips de No Doubt en me disant que ce serait trop cool de mener un groupe. Ce n’est pas arrivé puisque je me produis seule. Mais peut-être un jour…

Tous ces artistes ont un processus créatif d’écriture. Quel est le vôtre ?

Il évolue. J’aime écrire des paroles. C’est mon premier amour. Chanter est venu plus tard. D’ailleurs si je pouvais, je me contenterais d’écrire et je donnerais mes chansons à quelqu’un d’autre ! (rires) Chanter demeure un peu stressant. Mais mes chansons sont tellement importantes et signifiantes pour moi. J’écris toujours, tout le temps. Je ne me considère pas comme une chanteuse particulièrement solide. J’aime écrire seule, je crois que c’est le seul moyen d’atteindre une forme de vérité, mais depuis peu je fais des collaborations et c’est intéressant.

Y a-t-il un concert qui a été une source d’inspiration, une influence ?

Je me souviens être allée voir Fleetwood Mac quand j’avais 10 ans, je pense, et avoir été émerveillée. Stevie Nicks est également une icône pour moi. Je suis aussi fan de The 1975 et je suis allée voir tous leurs concerts quand j’étais adolescente. Les voir sur scène m’a aussi transmis ce virus de la musique live.

Thrasher Magazine

J’adore les magazines de skate. C’est amusant parce que je n’en fais pas ! J’aime l’imagerie de ce sport, de cette pratique. J’aime comment la photographie s’en est emparée d’une certaine manière, avec un œil très brut. Cela me rappelle souvent le travail du photographe Davide Sorrenti…

Copyright: Thrasher Magazine

Davide Sorrenti

Il s’en dégage une telle honnêteté. J’essaie de capturer cela dans mes chansons et dans mes clips. Je n’aime pas quand tout est trop poli ou soigné. Ses photos donnent toujours l’impression d’avoir été prises sur l’instant, sur le vif. J’aime quand les clips donnent aussi cette impression

Harmony Korine

Il est mon réalisateur préféré. J’adorerais faire un clip avec lui un jour. C’est un beau rêve. Même si ce n’est jamais improvisé, son œuvre donne toujours l’impression que ça l’est. Il capture des choses. Et puis il est hilarant et je crois, aussi, très incompris.

Corrine Day

Elle est dans la vibe de Davide Sorrenti. La manière dont elle a su capturer sur pellicule Kate Moss. Les photos d’elle par Corinne Day sont parmi les plus belles. J’ai toujours l’impression que son travail, comme celui de Davide, n’est plus possible aujourd’hui. C’était une autre époque. J’aime beaucoup le travail d’autres artistes d’aujourd’hui mais j’ai ce sentiment que généralement tout est trop policé, sans aspérités.

Daniel Johnston

Le film The Devil and Daniel Johnston me réconforte à chaque fois que je le vois. Je voulais le revoir encore récemment. J’aimerais tellement que plus de gens connaissent l’œuvre de Daniel Johnston. Pour une raison ou pour une autre, je l’évoque rarement. Écoutez sa musique ! C’est la forme la plus pure d’art.

Et concernant votre influence, pensez-vous que votre musique puisse en être une pour le public. Et si oui, laquelle ?

Je n’y pense jamais vraiment. Je me suis lancée dans la musique parce que c’était tout ce que je voulais faire. Tout le monde ne va pas aimer ce que je fais et c’est très bien ainsi. Tout comme le fait que les artistes que vous avez passé en revue ne pouvaient pas faire l’unanimité. Je crois que l’influence que j’aimerais donner est celle de donner envie à ceux qui écoutent de croire en eux, en leur art. Alors si je peux influencer ne serait-ce qu’une personne,

Propos recueillis par Thomas Destouches

Photos : Victor Picon