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Michelle Blades : “je suis au service de la musique”

Michelle Blades : “je suis au service de la musique”

02 Nov 2022

Une Panaméenne qui vit à Paname. Voilà comment se décrit avec esprit Michelle Blades, musicienne originaire d’Amérique centrale qui a posé ses valises à Paris il y a quelques années. Artiste nomade par excellence, amie et collaboratrice de Fishbach et de Cléa Vincent, la trentenaire polyglotte s’appuie sur ses pérégrinations à travers les continents pour composer sa propre musique.

Rock underground, pop psychédélique, folk acoustique, cumbia débridée… Cette forte tête manie tout ce qu’elle touche à la perfection, en y insufflant sa propre sensibilité, comme une lointaine cousine de Cate Le Bon. De purs moments de grâce succèdent à une douce mélancolie tout au long de sa discographie déjà bien fournie, dont l’album Visitor (2019) et l’ep Nombrar las cosas (2020) sont les derniers exemples en date.

Comment se passe ton Rock en Seine ?

“Un rush. C’était un line check, ça change pas mal de choses, mais j’aime bien, c’est comme aux Etats-Unis. Et j’ai joué en plein soleil, donc c’est toujours un peu plus difficile. On a en plus joué que des chansons inédites, ou presque. C’était super”. 

La scène, l’aisance, ça se bosse ?

“Tu peux juste le faire, et lâcher prise. C’est comme ça que tu bosses, en te heurtant à l’inattendu. En tout cas, c’est comme ça que j’apprends, j’essaye d’être tout terrain, et de lâcher prise quand je me sens à l’aise”. 

Lâcher prise, c’est facile ?

“Je crois que quand j’ai commencé, j’étais assez sauvage, je me permettais tout sur scène. C’est après, avec les concerts et les albums, que je me suis formé, il y a un protocole quand même, tu dois respecter les gens, le timing… J’essaye de ne jamais oublier que je suis au service de la musique”. 

L’échec, quand on le vit, on le vit comment ?

“C’est comme un mauvais repas, on a mal au ventre, on regrette. Tu y penses jusqu’au prochain repas, om tu essayes d’être un peu plus malin. Mais tu oublies, petit à petit”. 

La suite pour toi, c’est quoi ?

“Je travaille sur un album assez ambitieux, qui sera un space opera. Mais comme je suis assez impatiente, je prépare également un EP, que je vais enregistrer sur un 4 pistes. Je vais le sortir avant l’album, uniquement en ligne. Cela permettra de patienter jusqu’au disque”. 

Un space opera, rien que ça ? Tu y penses depuis le début ou c’est venu en le composant ?

“Je choisis de faire un album concept, j’aime la science-fiction, et je pense sincèrement que nous sommes sur une planète mourante. C’est tout cela que je vais raconter : il y aura des vaisseaux, des aliens… Une autre planète, et la question de savoir si nous referons les mêmes erreurs”. 

Tu as une grande ambition sonore donc. 

“Oui, l’espace, c’est la final frontier, cela nécessite des compositions ambitieuses, drôles aussi parfois”. 

Propos recueillis par Nico Prat

Photos : Olivier Hoffschir