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Le mag'

Tamino : "Je prefere ecrire mes chansons que les chanter"

Tamino : "Je préfère écrire mes chansons que les chanter"

27 Juin 2018

Une beauté troublante, une guitare aux arpèges délicats et une voix de haute voltige sont ses atouts les plus ravageurs.

 

 

Basé à Anvers, Tamino-Amir Moharam Fouad a un père égyptien (lui-même fils d’un acteur et musicien de renom) et une mère flamande (qui lui a donné le même prénom que le prince dans l’opéra de Mozart La Flûte Enchantée). Cette double nationalité irrigue sa musique. Interprète habité, il en tire des chansons magnétiques et fiévreuses, où les nuages noirs se dissipent parfois pour des envolées célestes sublimes.

 

 

Quelques heures avant un concert parisien évidemment complet, nous avons eu la chance de passer quelques minutes en tête à tête avec un musicien habité, heureux de parler de sa musique, et seulement de sa musique.

Rencontre.

Tout va bien ?

“C’est le chaos en ce moment. Beaucoup de concerts, beaucoup de presse. C’est le mot : chaos, chaos total. J’ai un peu l’impression de perdre le contrôle. L’année dernière, en Belgique, je me sentais bien, libre, car c’est un petit pays. Maintenant, c’est à l’échelle du monde entier. Je dois donc gagner en expérience pour reprendre en quelque sorte le contrôle de ce qu’il se passe autour de moi. Je n’ai pas peur hein. Mais c’est le chaos”.

Parlons de tes chansons. Il y a une sorte de légèreté qui s’en dégage.

“Je ne m’impose rien en terme de songwriting, juste une règle ; ce qui définit une chanson de Tamino, c’est que tu peux la jouer sur une simple guitare, et tout de même ressentir que c’est une de mes chansons. Je ne suis pas du genre à penser à la production en premier. La production vient en dernier en fait. Mes chansons évoluent beaucoup, surtout les paroles. Les bons jours, j’ai à la fin de la journée une première monture. Puis, durant des semaines et même des mois, je repasse dessus, sans cesse. Mais parfois, les paroles ne me prennent que vingt minutes. C’est plus rare”.

Tu te livres beaucoup dans tes textes ?

“Au début, je pense qu’il est normal de se prendre la tête, de se demander ce que les gens vont penser de toi et de tes textes. Les métaphores dans une chanson sont en quelque sorte une protection. Et j’aime ça, le symbolisme. Une bonne métaphore, c’est puissant, et ça en dit beaucoup plus que des mots directs, crus”

 

 

“Toutes mes chansons parlent de quelque chose, mais pas d’une seule chose. Il n’y a pas qu’un seul sujet traité. Et c’est d’ailleurs, le plus souvent, au fil du temps que tu réalises de quoi tu parles réellement. Par exemple, je suis en train de travailler sur une chanson, qui sortira bientôt, et qui n’a pas de thème clair, mais pour moi, elle est juste… Juste. Elle est juste. Et ce n’est pas à moi d’interpréter mes textes. C’est surtout ton boulot en fait (rires)”.

Qui écoute tes titres en premier ?

“Juste après moi, mon frère est en général le premier à entendre les chansons. Il me connaît, il me parle honnêtement, et je prends son avis en compte. Ma maman aussi, bien évidemment. Et mon producteur”.

Un producteur qui te laisse le temps dont tu as besoin ?

“On manque toujours de temps pour finir une chanson, c’est une évidence, mais c’est une bonne chose, sinon, tu ne termines jamais rien. Je laisse énormément de chansons de côté, je pense que j’ai mille titres quelque part dans un disque dur, et une centaine totalement terminées. Mais je suis perfectionniste, je ne vais donc pas sortir dix disques d’un seul coup. Certaines ne collent pas à Tamino, je vais donc peut-être en sortir avec un nouveau projet, je ne sais pas”.

Je suis ta dernière interview de la journée. Tu respires ?

“(Rires). C’était cool. On ne parle pas de moi, ni de ma voix, ni de Jeff Buckley ou de mes influences, mais de mes chansons. J’aime écrire des chansons, je préfère écrire des chansons que les chanter”.

Propos recueillis par Nico Prat

Tamino, et bien d’autres, seront présents à Rock en Seine, les 24, 25 et 26 août aux portes de Paris !