25-26-27 AOÛT 2017 - DOMAINE NATIONAL DE SAINT-CLOUD / PARIS - FRANCE

The Jesus & Mary Chain Origins

Musique 16 Mai

Le rock, c’est une histoire de famille. La preuve, les groupes fondés par des frères et soeurs ne se comptent pas : AC/DC, Oasis, Devo, Sparks, The Knife, Van Halen… Mais on oublie trop souvent Jim et William Reid, piliers de The Jesus & Mary Chain. Le groupe injustement mésestimé en nos contrées vient défendre cet été sur les planches de Rock en Seine son nouvel album, le premier en près de 20 ans, Damage and Joy.

 

Si le surnom de « toxic twins » était déjà pris par Steven Tyler et Joe Perry d’Aerosmith en raison de leur appétit féroce pour la dope, les frères Reid en avaient l’étoffe. Lorsqu’ils montent leur groupe à l’aube des eighties, Jim et William sont deux jeunes Ecossais qui ont grandi dans une ville trop petite pour eux. Après quelques années à peaufiner leur son, ils sont prêts à jouer live au printemps 1984. Or face à la difficulté de trouver des occasions de live pour leur groupe, The Jesus & Mary Chain ont une technique bien à eux pour jouer quand même : arriver tôt sur le lieu d’un concert, prétendre qu’ils sont la première partie, jouer un set court et filer à l’anglaise quand les groupes prévus se pointent sur les lieux, d’après le biographe John Robertson.

 

Malgré l’audace dont ils font déjà la preuve, ça ne décolle pas et il faut attendre un déménagement du groupe à Londres pour réunir les conditions du succès : un manager dévoué et surtout la sortie d’un premier single en novembre 1984, « Upside Down », vont faire la différence.  Alors que le groupe revendique ses racines punk et se look à la gothique, il n’a pas peur de franchir le Rubicon et le single comporte en face B une reprise du titre « Vegetable Man » de Syd Barrett – sorte de majeur tendu à la face de nombreux punks de l’époque, fiers de détester Pink Floyd, le Velvet ou encore The Shangri-Las. William Reid déclarera d’ailleurs un jour à Robertson : « On aime tous les Shangri-Las et un jour on finira par enregistrer des albums des Shangri-Las ».

Remarquons que c’est également dès cette époque que le groupe se taille une réputation de brouilleurs de pistes professionnels, spécialisés dans l’art de semer les intervieweurs à leur guise. Ils prétendront avoir emprunté leur nom à un film de Bing Crosby, avant de démentir six mois plus tard, expliquant en fait qu’ils ont trouvé « The Jesus & Mary Chain » grâce à une marque de céréales qui proposait à ses clients de leur envoyer une gourmette sainte. Du moins, c’est ce qu’ils prétendent.

 

« Upside Down » est un tel succès indé qu’il reste dans le classement singles pendant 76 semaines (!). Très vite, un public s’intéresse à ces drôles d’Ecossais qui ont le goût pour les chansons pop jouées avec un mur de son d’une froideur étonnante. Ils se taillent alors une petite réputation avec leurs concerts de 20 minutes joués la plupart du temps dos au public, sous l’emprise d’amphétamines – une substance pour laquelle ils auront des ennuis avec les autorités, tout comme le LSD.

Après un concert particulièrement chaotique où le public leur jettera des projectiles sur scène en décembre 1984, la rumeur qu’un nouveau groupe sulfureux excite la jeunesse du royaume se répand jusque dans les rédactions des tabloïds. Ils s’emparent de l’événement et l’exagèrent en parlant carrément d’émeutes. Le fameux Sun en fait ses choux gras et produit un article uniquement concentré sur la consommation de drogue du groupe et sa supposée violence, jusqu’à nommer The Jesus & Mary Chain « les nouveaux Sex Pistols ». Quelle meilleure publicité pour eux ?

 

Interviewé en 1994 par le L.A Times à propos des débuts du groupe, Jim Reid montre une certaine fierté à l’idée d’avoir incarné un renouveau, mais aussi une certaine menace sourde dans l’histoire du rock de son pays : « C’est ce que je pensais à l’époque ». Quoi qu’il en soit, le groupe n’avait pas encore sorti son premier album, le monumental Psychocandy, que sa légende était née.

 

Théo Chapuis

 

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