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The Psychotic Monks: "Il faut se laisser emporter par l'inconscient"

The Psychotic Monks: "Il faut se laisser emporter par l'inconscient"

29 Août 2016

Les Parisiens Pychotic Monks évoluent dans les mêmes altitudes que les Black Angels texans, soit un ciel chargé de nuages plutôt sombres et de fumées psychotropes.

Psychotiques peut-être, psychédéliques sans doute, hallucinogènes clairement. Les quatre moines auto-diagnostiqués envoient un shoot de rock seventies tout sauf fumeux, aux lourdes guitares noires et au spectre vocal échappé de quelques lévitations mystiques. Avec leur EP Faces To, les Psychotic Monks devraient accéder sans souci au saint siège des vibrations du cool.

Au-delà de l’intégration d’un 4ème membre, comment définiriez-vous l’évolution entre vos deux EPs, « Faces to » et « IV » ?

Clément : On a développé une histoire avec le 2ème disque. Celle d’un personnage qui évolue en fonction des chansons de l’EP. On a beaucoup travaillé cet aspect-là. Chacun d’entre nous a commencé par écrire une petite histoire, puis on en a discuté entre nous avant de nous plonger dans les paroles. C’est vraiment l’évolution par rapport à Faces to. On a vraiment cherché à aller plus loin, à être plus honnête, à donner plus de sens.

Arthur : On aime beaucoup les 4 titres de Faces to. IV a vraiment un sens pour nous. On le considère comme un voyage. C’est la conception générale du disque qui a changé. Musicalement, ce 2ème disque a marqué l’arrivée officielle de Paul, qui était déjà un peu avec nous. Son arrivée change notre formule. On est presque un nouveau groupe d’une certaine manière.

Paul : La notion de voyage est importante pour IV. C’est comme pour un film, avec cette cohérence du début à la fin.

Martin : Ce disque, c’est aussi le résultat de beaucoup de musique écoutée ensemble, à quatre. La volonté d’aller vers quelque chose de plus large et de plus « psychédélique », avec de gros guillemets. Avec le premier disque, on a réalisé qu’on était arrivé au bout de ce qu’on pouvait faire à trois. Sur ce disque, on avait besoin de ce 4ème membre pour élargir notre palette d’expression.

Dans votre méthode d’écriture, vous revendiquez l’importance de l’inconscient…

Arthur : Il faut se laisser emporter par cet inconscient. Cela permet de jongler entre un sens concret et cet « autre », dont on n’avait pas forcément appréhendé la présence. Parfois on travaille sur un morceau, croyant qu’il parle de tel ou tel sujet, et soudainement on réalise qu’il traite d’autre chose. La surprise de l’inconscient est géniale. L’inconscient est partout, dans chaque acte de notre vie. Tout a un sens. A ce niveau-là, on est de grands adeptes de Freud. Tout est sexuel… (rires) On recherche aussi cet état de transe lié à l’inconscient, à cet état de connexion accru entre les individus.

Paul : Cela laisse aux gens la possibilité d’avoir leur propre interprétation de nos chansons. Cela ramène aussi à l’écriture automatique des surréalistes. Il y a une abstraction dans notre musique qui est très importante. On va chercher des sons, on crée des choses que même parfois on ne comprend pas sur le moment. Après 30 dates, un morceau peut avoir une signification différente. On va également puiser dans d’autres formes artistiques, comme par exemple la littérature ou le cinéma. Un film de David Lynch n’a pas une signification précise directe, mais il peut rester dans le crâne et faire travailler l’inconscient.

Vous citez beaucoup le cinéma. Et je sais que vous êtes de grands fans du cinéma de SF et fantastique. Quels sont les films qui vous inspirent ?

Arthur : Alien, de Ridley Scott. On l’a sans doute vu trop jeune et beaucoup cauchemardé dessus.

Paul : Le cinéma de Kubrick aussi ! Il y a d’ailleurs une légende à propos de 2001 L’Odyssée de l’espace, selon laquelle il aurait été monté sur le site du Live at Pompeii de Pink Floyd. Ses films peuvent avoir plusieurs sens et c’est particulièrement intéressant. On cite le cinéma de science-fiction car il permet de donner une forme à ce qu’on ressent. The Thing de John Carpenter nous inspire beaucoup. Le cinéma fantastique draine des thématiques qui nous plaisent, qui nous permettent d’habiller la musique. Et puis le cinéma permet d’inspirer des images.

Une autre source d’inspiration pour vous, c’est Baudelaire, qui trouvait de la beauté dans le tragique et la noirceur…

Arthur : Dans la beauté et la noirceur, mais aussi dans l’ivresse. Il a cette phrase qui m’inspire : « Tout enfant, j’ai senti dans mon cœur, deux sentiments contradictoires , l’horreur de la vie et l’extase de la vie. » C’est tellement humain, tellement vrai… Et on a envie d’exprimer aussi cela.

Propos recueillis par Thomas Destouches