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YOA : “En France, il n'y a pas de protest artist”

YOA : “En France, il n'y a pas de protest artist”

02 Nov 2022

Sur la scène musicale depuis une petite année, Yoa n’en a pas moins sa langue dans sa poche. Dans ses titres, elle aborde des sujets importants et ô combien modernes, posant son timbre chaud et posé comme un porte-voix de sa génération.

La musique c’est le bon canal pour faire passer des messages politiques ?

« Je ne suis pas sûre. Ça peut l’être si tu en parles sans être explicite. Une meuf comme Yseult, dans ses clips, elle parvient à être politique parce qu’elle impose aux gens des choses qu’ils n’ont jamais vu. La politique c’est renouveler l’imaginaire, une manière de voir le monde. En étant trop explicite, j’ai l’impression que ça empêche à la musique de se diffuser ».

Et pourtant, j’ai l’impression que les gens sont prêts à entendre ces messages…

« Les institutions et le pouvoir ont tendance à prendre des gens pour des cons et à penser que les gens n’ont pas envie qu’on leur parle de vrais sujets. Les auditeurs s’en foutent, ils sont prêts tant que la proposition artistique est à la hauteur. Je ressens aussi de la pression en tant qu’artiste, de me faire cyber harceler par exemple, si je parle de tel ou de tel sujet, alors que les gens ont juste envie d’entendre des choses différentes, des choses qu’ils n’ont jamais entendus ».

Historiquement, certains artistes anglais ou américains se sont rebellés pour dire ce qu’ils avaient à dire. En France, j’ai l’impression que c’est rare voire inexistant.

« En France, hormis Mylène Farmer, je ne vois pas. C’est d’ailleurs le seul nom qui revient quelle que soit la génération. C’était hyper moderne, elle a bouleversé beaucoup de choses notamment les questions de genre. Ça fait peur en fait, il faut comprendre les artistes parce qu’on te tombe dessus même si on t’encourage à sortir de ta zone de confort. Mais oui, en France, je ne trouve d’exemple de protest artist« .

Tu parles beaucoup de différence dans tes textes

« J’ai l’ambition dans mon projet de faire un truc qui n’a pas été fait. C’est mon expérience, c’est en parlant de soi avec poésie, qu’on arrive à faire de l’universel. J’ai lu une interview de Laylow qui racontait que sa mère lui avait que quitte à faire de la musique, qu’il devait faire quelque chose de grand. Moi ça me parle beaucoup. Dès les débuts, même si j’étais pas au même stade par rapport à mon projet, j’ai pas voulu prendre des gens pour des cons ».

Propos recueillis par Sarah Koskievic

Photos : Zélie Noreda