24-25-26 AOÛT 2018 - DOMAINE NATIONAL DE SAINT-CLOUD / PARIS - FRANCE

Band of Horses « Personne, à part nous, ne peut nous rendre meilleurs »

Musique 06 Oct

Ces canassons-là ont de l’endurance. Formés à Seattle en 2004 et installés aujourd’hui en Caroline du Sud, Band of Horses ont déjà derrière eux cinq albums et une longue expérience de la scène. Menés par le chanteur Ben Bridwell, un barbu pas barbant, ils trottent sans selle et sans bride sur les sentiers du rock, en empruntant les autoroutes triomphales mais aussi les chemins de traverse plus discrets.

Avec votre dernier album, vous vous révélez encore davantage. Vous vous cachez moins…

« Oui, c’est vrai. Il y a forcément toujours quelques passages plus mystérieux, comme pour perdre un peu ceux qui écoutent. Mais oui, ce disque est davantage de l’ordre de la confession. »

A propos de ce disque, vous semblez être soulagé de l’avoir terminé. Pourquoi plus spécifiquement celui-ci plutôt qu’un autre ?

« L’album précédent avait été difficile à faire. On avait eu l’impression d’avoir été forcé à faire quelque chose qui ne nous correspondait pas vraiment. Celui-là est le fruit de la confiance. De la confiance en nous et en ce que nous pouvons faire. C’était un vrai soulagement de faire un disque qui nous ressemblait vraiment. »

 

 

Vous êtes très attaché au contrôle de votre travail…

« C’est un principe qui nous anime. Nous savons ce que nous sommes capables de faire. Nous n’avons pas besoin que des gens de cette industrie nous disent quoi faire et comment. Nous sommes libres à l’intérieur de notre bulle créative. Nous avons donc réussi à ne pas être pollués par des éléments extérieurs. Personne, à part nous, ne peut nous rendre meilleurs. »

Vous avez déclaré que chaque album était un reflet de votre état d’esprit du moment. Quel est votre état d’esprit actuellement ?

« Déprimés. Excités. Nous avons tous des familles en plus de faire de la musique. Ce qui nous remplit aussi d’espoir, malgré un monde qui part vraiment en vrille. »

Vous êtes musicien, vous sortez des disques, vous faites des concerts un peu partout dans le monde. Mais, comme vous l’avez souligné, vous êtes aussi un père de famille nombreuse. Et ce disque reflète justement cette dualité entre l’exceptionnel et le quotidien…

« Chaque jour présente un nouveau défi. Il faut s’adapter sans cesse. D’un côté je suis père de 4 filles, avec tout ce que cela signifie. Et de l’autre, j’ai mon groupe, avec tout ce qu’il requiert comme travail mais aussi ce qu’il accomplit. J’essaie de répondre à toutes ces attentes. Je n’ai jamais vraiment compris comment tout cela miraculeusement fonctionne. Chaque matin je me réveille en essayant d’être prêt pour tout ce qui peut m’attendre, et ne pas être un imbécile qui ruine tout. C’est tout. »

A quel point devenir père a changé votre perception de la musique ?

« J’ai quatre filles ! (rires) Plus sérieusement j’ai surtout cette responsabilité d’être encore meilleur dans ce que je fais. Je n’ai jamais été le meilleur musicien sur la planète, je le suis en plus devenu tardivement et je n’ai pas cet instinct. Je sais comment faire un disque techniquement mais en ce qui concerne l’écriture, c’est beaucoup plus compliqué. Je ne sais jamais vraiment ce que je fais et je n’ai jamais trouvé le mode d’emploi. D’une certaine manière, je suis heureux de ne rien maîtriser. C’est à l’image de notre groupe : brut. Cela fait partie de notre charme ! »

 

 

La chanson « Horses » de Will Oldham a inspiré le nom de votre groupe. Cette chanson est-elle encore particulière, spéciale à écouter après toutes ces années ?

« Bien sûr ! Lost Blues and Other Songs, l’album où elle figure, me touche encore profondément. J’y reviens régulièrement. Et les autres chansons de ce disque, comme Ohio River Boat Song, apportent aussi de la légèreté. Horses me rappelle tellement de souvenirs… Je suis encore heureux aujourd’hui d’avoir appelé mon groupe d’après cette chanson. Elle symbolise d’où nous venons et ce que nous avons de spécial. »

D’autres chansons ont un tel effet ?

« Tellement ! On écoute encore des chansons qui nous ont amené à la musique, et d’autres qui perpétuent notre enthousiasme. J’espère que cette soif pour de grandes chansons ne sera jamais étanchée. »

Propos recueillis par Thomas Destouches

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